Sankyoku Eden

Le duo Sankyoku Eden nous fait l’honneur de faire une représentation lors du festival 2018. Cette formation vous plongera dans trois styles de musiques traditionnelles japonaises : Sōkyoku, Shinkyoku et Honkyoku.

 

Le contexte

Il y a trois instruments dans la formation que vous allez entendre : le shakuhachi, le koto et la voix. Les deux premiers sont parmi les plus représentatifs de la culture japonaise. La voix est elle aussi utilisée avec des techniques propres à la tradition japonaise, pour créer un chant très profond et empreint de silence donnant une grande intensité à l’ensemble qu’il forme avec le koto et le shakuhachi. Le shakuhachi est une flûte en bambou importée de Chine au Japon entre le 7ième et le 9ième siècle et très largement modifiée par la suite pour coller aux spécificités de la musique japonaise. Elle fut utilisée par les moines de la secte « Fuke » (secte bouddhiste Zen) à l’époque Edo (1603-1867, Edo est le nom de l’ancienne Tokyo) comme outil de méditation au travers de l’exécution de pièces : les « Honkyoku » (pièces fondamentales). A la restauration Meiji (1868), le nouveau gouvernement redonnant toute sa place à l’empereur et confortant la religion shinto au détriment du bouddhisme, interdit la secte Fuke et l’exécution des Honkyoku. Une grande partie du répertoire a alors été perdu. À cette époque, la pratique d’ensemble basée sur le shakuhachi et d’autres instruments (tels que le koto) s’est renforcée. Le koto est un instrument originaire de Chine lui aussi. Il arrive au Japon entre le 7ième et le 8ième siècle. Le koto est dans sa sonorité et son principe de jeu proche de la harpe, si ce n’est qu’il est positionné de manière horizontale, souvent à même le sol. Il fut développé par de nombreux maîtres comme Kengyo Yatsuhashi (1614-1685) et Michio Miyagi (1894-1956). Le répertoire musical du koto s’appelle « Sōkyoku » et il est composé de pièces instrumentales ou chantées. Le « Shinkyoku » est un style musical plus moderne composé pour shakuhachi et koto, qui s’est développé en intégrant des éléments de musique occidentale suivant ainsi les grands mouvements sociétaux du 20ième siècle au Japon

 

Les musiciens       

                                                        

Akari Sagara (koto) commence son apprentissage du Koto auprès de Mayuga Shibata à l’école Ikuta de Sapporo. Elle arrive à Paris en 2009 et tout en continuant son apprentissage auprès de Mayuga Shibata, elle suit aussi les enseignements de Mieko Miyazaki au koto et au shamisen. Elle a joué régulièrement en concerts avec la chanteuse Mako Mori depuis 2011, avec le flûtiste Yiku Takahashi en 2013 et depuis 2012 en tant que joueuse de Koto et chanteuse avec Christophe Gaston.

 

Christophe Gaston (shakuhachi) est diplômé de l’école Shin-Tozan Ryû (http://www.shintozanryu-france.com/) où il est l’élève de Sôzan Chiaki Kariya, représentant officiel de cette école en France. Parallèlement à son apprentissage principal chez Shin-Tozan Ryû il étudie le style Kinko (école Chikumeisa) auprès de Gunnar Jinmei Linder (http://nipponicom.com/shakuhachi/) qu’il fait venir en France régulièrement pour des stages. Il étudie aussi d’autres traditions de Honkyoku auprès de maîtres japonais en résidence en Europe ou lors de voyages au Japon. Motivé par l’utilisation du shakuhachi dans d’autres contextes musicaux, il travaille aussi avec des musiciens de jazz et de musique contemporaine.

En 2016 il reçoit le titre de « Shihan » que l’on peut traduire par « maître » et le nom de scène « Kazan » (歌山).

 

Crédit : Sankyoku Eden ©

 

 

Afficher
Cacher